La finalité ultime de l’homme, selon la foi chrétienne, est la sainteté, c’est-à-dire la communion pleine et définitive avec Dieu. Les obligations que l’Église catholique impose aux fidèles s’inscrivent dans cette perspective : elles ne sont pas des règles arbitraires, mais des repères concrets destinés à guider le croyant vers le salut.
L’Église catholique, ou plus précisément son Magistère, ne se contente pas de proposer un enseignement doctrinal à croire ; elle transmet également un enseignement moral et pratique, directement enraciné dans la Révélation, qui engage concrètement la vie des fidèles.
Dans cet article, nous verrons quels sont les obligations exprimées par l’Église, entre commandements et devoirs.
Le fondement : Écriture et Tradition de l’Église
L’autorité de l’Église trouve son origine dans la volonté même du Christ. Celui-ci confie aux apôtres la mission de sanctifier, d’enseigner et de gouverner en son nom :
Allez chez tous les peuples pour que les gens deviennent mes disciples. Baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. apprenez-leur à obéir à tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.
Matthieu 28, 19-20

Cette mission se poursuit aujourd’hui à travers le Magistère de l’Église, qui a reçu la charge d’interpréter authentiquement la Révélation. Le Magistère, constitué du pape et des évêques interprète légitimement la Révélation de Dieu. En s’appuyant sur l’Écriture Sainte et la Tradition, il garantit une compréhension fidèle et cohérente des enseignements du Christ ouvrant la voie du Salut.
Ainsi, obéir aux obligations de l’Église, c’est répondre à l’appel du Christ et demeurer dans la communion de l’Église.
Les cinq commandements de l’Église catholique
Les commandements de l’Église garantissent le cadre objectif de la pleine communion à Dieu par son Église. Ils assurent le minimum nécessaire pour demeurer dans la vie sacramentelle et ecclésiale, condition ordinaire pour accueillir le salut offert par le Christ.
L’enseignement moral de l’Église ne peut être séparé de la foi elle-même. La Révélation chrétienne comporte en effet des vérités à croire, des mystères à célébrer et des exigences à vivre. Les obligations pratiques de l’Église découlent directement de ces trois dimensions indissociables de la foi catholique.
Les cinq commandements :
- Participer à la messe les dimanches et fêtes d’obligation : Le premier commandement rappelle l’importance du jour du Seigneur. La participation à la messe dominicale n’est pas une simple coutume, mais un devoir. L’Eucharistie est “source et sommet de toute la vie chrétienne” (CEC 1324). L’absence volontaire et sans raison sérieuse constitue un péché mortel, car elle rompt consciemment la communion avec Dieu et l’Église. En France, les fidèles catholiques sont tenus de participer à la messe les dimanches ainsi que lors des fêtes d’obligation suivantes : La nativité de Jésus (25 décembre), L’ascension du Seigneur, L’assomption de la Vierge Marie (15 aout) et la Toussaint (1er Novembre).
- Se confesser au moins une fois par an : Il y a une nécessité à la confession permanente, avec un examen de conscience. Le sacrement de la réconciliation permet au fidèle de recevoir le pardon des péchés et de retrouver l‘état de Grâce.
- Communier à Pâques : Au moins une fois par an, durant le temps pascal, le fidèle doit communié. L’Eucharistie est la nourriture spirituelle indispensable pour tout chrétien.
- Observer les jours de jeûne et d’abstinence : Le jeûne et l’abstinence sont des pratiques pénitentielles qui disposent le cœur à la conversion. Le jeûne ecclésiastique est obligatoire le mercredi des cendres et le vendredi saint. Il est possible d’observer une abstinence de viande tous les vendredis
- Subvenir aux besoins matériels de l’Église : L’Église a des besoins matériels réels. Ce commandement engage les fidèles à soutenir financièrement le culte et les œuvres de charité, selon leurs moyens.

Plus le chrétien progresse dans la connaissance de Dieu et dans la compréhension de la dignité de l’homme, plus ces obligations apparaissent comme justes et cohérentes. Si elles sont formulées explicitement par l’Église, c’est en raison de l’aveuglement de la conscience humaine, marqué par le péché, qui empêche souvent de percevoir spontanément le bien à accomplir.
Le devoir de se former et de connaître sa foi
La foi chrétienne engage l’intelligence, qui est soutenue par les dons du Saint-Esprit. La foi catholique n’est ni irrationnelle ni aveugle. Comme dit le CEC :
La foi est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu qui se révèle.
CEC 166
” Croire ” est un acte humain, conscient et libre, qui correspond à la dignité de la personne humaine.
CEC 180
L’ignorance volontaire des vérités de la foi constitue une négligence grave. Le chrétien est appelé à comprendre ce qu’il croit, dans la mesure de ses capacités. L’Ecriture insiste sur le danger de l’ignorance religieuse :
Mon peuple meurt, parce qu’il ne me connaît pas.
Osée 4, 6
Connaître sa foi permet non seulement de mieux aimer Dieu mais aussi de défendre sa foi et rendre raison à son espérance.
Voici des moyens pour se former :
- la lecture régulière de la Sainte Écriture, dans la Tradition de l’Église, à l’aide d’exégèse
- la lecture et l’étude du Catéchisme de l’Église catholique ;
- la consultation des enseignements du Magistère (encycliques, exhortations apostoliques) ;
- l’étude de la théologie

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Conclusion
Ainsi, les obligations de l’Église catholique ne sont par définition pas facultatives. Elles forment, en effet, un cadre spirituel essentiel, destiné à protéger la foi, à nourrir la vie spirituelle et à conduire les fidèles vers la sainteté. Les obligations de l’Église, ainsi que le devoir de se former dans la foi, expriment une même chose : vivre en relation éclairée avec Dieu. Suivre ces obligations de l’Église, c’est répondre pleinement à l’appel du Christ.